Focus sur l’émission d’M6 Opération Renaissance

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Phénomène de société
09/02/2021

Le 11 janvier dernier, le premier épisode de l’émission Opération Renaissance a été diffusé sur la chaîne M6. Son principe ? Suivre le parcours, sur trois ans, de 9 femmes et 1 homme qui ont recours à une opération de chirurgie bariatrique.

L’occasion pour nous de revenir sur cette maladie qui touche près de 15% des Français et sur ses dangers pour la santé, sur l'un de ses traitements qu’est la chirurgie bariatrique, mais également sur les souffrances que l’obésité peut engendrer, et enfin du concept de grossophobie dont on a beaucoup entendu parler récemment.

La grossophobie, qu’est-ce c’est ?

Nous l’évoquions dans un récent article, la grossophobie est en quelque sorte une forme de “discrimination” envers les personnes grosses ou obèses. Les personnes atteintes d’obésité sont victimes de nombreuses discriminations, qu’il s’agisse de grossophobie systémique (ou indirecte) – par exemple par des équipements non adaptés dans notre société, qu’ils soient médicaux ou non – ou de grossophobie ordinaire, au quotidien, de la part de personnes qui vont insulter, critiquer ou humilier la personne en surpoids.

Ces humiliations et discriminations ne sont pas sans conséquences : en découle un repli sur soi, une désocialisation mais également des prises de risques pour la santé. En effet, certaines personnes n’osent plus aller chez le médecin par exemple. C’est d’ailleurs ce que met très justement en exergue Gras Politique – un collectif militant contre cette forme de discrimination – en expliquant que seuls les centres spécialisés, à l'image du Centre de l'Obésité et du Surpoids Grenoble, sont équipés pour accueillir les personnes en surpoids et obèses et que “pour le reste, on se débrouille, on bricole, on refuse les patients trop lourds en les privant de solutions à leurs problèmes de santé parfois urgents” (Mediapart).

Lutter contre la grossophobie, c’est continuer de faire évoluer les mentalités et tendre vers une société plus sûre et plus juste.

Car dans l’inconscient collectif, l’obésité est d’abord une négligence. Pourtant, c’est une maladie (elle est reconnue comme telle par l’Organisation Mondiale de la Santé depuis 1997), qui plus est, multifactorielle. Voilà pourquoi son traitement doit donc être ultra-personnalisé.

La chirurgie bariatrique

Cette chirurgie de l’estomac n’est qu'un traitement parmi d’autres pour perdre du poids durablement, améliorer sa qualité de vie et augmenter son espérance de vie, mais elle n’est pas non plus une recette miracle. En effet, avant d’envisager une chirurgie bariatrique, une personne obèse peut réussir à perdre du poids à l’aide d’un accompagnement spécifique tant sur le plan nutritionnel que psychologique... et bien sûr si elle le désire. La chirurgie bariatrique n’arrive qu’en dernière recours, et avant de s’orienter vers cet acte chirurgical non dénué de risques, il y a un certain nombre de facteurs à prendre en compte : ne pas présenter de contre-indications, avoir déjà tenté d’autres alternatives sans succès, et bien entendu avoir un IMC > 40, ou > 35 mais accompagné d'autres troubles de la santé comme le diabète, de l’hypertension, etc.

Cette décision de réaliser une chirurgie bariatrique, et ce, peu importe la méthode utilisée (le sleeve gastrique, le bypass, l’anneau gastrique...), ne se fait pas en un claquement de doigt. Une chirurgie de l'obésité ne peut être menée à bien que via la connaissance parfaite des différents troubles médicaux et psychiques du patient.

Au Centre de l’Obésité et du Surpoids à Grenoble, elle est donc le fruit de nombreux échanges avec le patient, d’examens médicaux, le tout encadré par une équipe pluridisciplinaire, bien avant l’opération et après l’opération : diététicien, nutritionniste, gastro-entérologue, cardiologue, pneumologue, psychologue et kinésithérapeute.

Comme le souligne très justement Gras Politique “la chirurgie bariatrique est une étape difficile mais bénéfique” pour “certaines personnes obèses” et que “l’amaigrissement est un processus complexe”.

Voilà pourquoi il est essentiel de proposer un parcours de soin personnalisé.

L’obésité : une maladie au traitement long et complexe

L’animatrice d’Opération Renaissance, d’ailleurs à l’origine du programme, n’est autre Karine Le Marchand, la présentatrice de l’émission L’amour est dans le Pré. Entourée d’une équipe d’experts scientifiques – médecins et spécialistes, psychiatres, nutritionnistes, diététiciens, coachs et même hypnothérapeutes –, elle a suivi pendant près de 3 ans ces 10 personnes, toutes atteintes d’obésité morbide. En évoquant le projet, Karine Le Marchand expliquait avant sa diffusion “[qu'elle] espère vraiment que les gens vont comprendre que l’obésité est une maladie multifactorielle, et que l’accompagnement psychologique que l’on n’a pas mis en avant pendant des années est fondamental.”

Et elle a parfaitement raison. Mais ce n’est pas tout : comme évoqué plus haut, pour mener à bien le traitement de l’obésité, il faut qu’il soit pluridisciplinaire mais également à vie. C’est ce qui fait sa grande complexité. Ainsi, plusieurs professionnels de santé gravitent autour du patient pour lui apporter le traitement adapté.

Conclusion : que penser d’Opération Renaissance ?

Notre rôle n’est pas de prendre parti. Mais nous reconnaissons néanmoins que si Opération Renaissance reste finalement une émission de télévision et non un documentaire ni un reportage, elle a vraiment le mérite de mettre en avant cette maladie qu’est l’obésité, la souffrance psychologique qu’elle peut engendrer et notamment d’alerter sur ces effets dangereux sur la santé, mais aussi sur la chirurgie bariatrique et ses risques.

Ce parcours complexe, de longue haleine, nous le connaissons bien, et nous avons à cœur d’offrir une prise en charge globale et personnalisée à nos patients au sein d’une vraie maison de santé, et ce, en totale indépendance, qu’elle soit décisionnelle ou financière.