Quelle hygiène de vie pour un ancien obèse ?

Hygiène de vie obésité
Conseils sur l’obésité
05/05/2020

L'obésité est un problème mondial qui ne cesse de croître d'année en année. Par conséquent, les chirurgies bariatriques sont de plus en plus fréquentes. Loin d'être une solution miracle, elles sont un véritable coup de pouce pour perdre de nombreux kilos et retrouver une silhouette « standard ». La chirurgie contre l'obésité est aujourd'hui considérée comme l’une des méthodes les plus efficaces pour maigrir. Cependant, elle n'est pas une démarche anodine et entraîne tout un tas de transformations du quotidien. Voilà pourquoi, nous préconisons aux patients opérés de réaliser un suivi à vie, pour obtenir des résultats durables et un meilleur équilibre physique et psychique.

Alors, quelle hygiène de vie doit adopter un ancien obèse ? Quel est l'intérêt de conserver un suivi médical ? Pourquoi la pratique d'une activité physique est-elle si importante ?

Les effets secondaires possibles après une chirurgie bariatrique

En fonction de l'opération réalisée, le système digestif de la personne obèse peut être raccourci, ce qui limite son absorption des aliments. Fatalement, si la chirurgie permet de perdre du poids, elle peut aussi entraîner tout un tas de carences en vitamines et en minéraux. Les équipes médicales sont là pour surveiller le fonctionnement de l'organisme du patient à la suite de l'intervention, et mettre en place une supplémentation personnalisée.

De même, l'ingestion d'aliments de très sucrés doit être limitée. En effet, après une telle chirurgie, ces ingrédients peuvent donner naissance à un syndrome de « dumping », se caractérisant par des bouffées de chaleur, des palpitations ou des crampes intestinales.

Enfin, sans un suivi régulier, même après une chirurgie de l'obésité, il est possible que le patient reprenne ses kilos perdus, au moins en partie. Voilà pourquoi un accompagnement psychologique s'impose.

L'intérêt du suivi pluridisciplinaire

La chirurgie de l'obésité entraîne de grands changements dans l'organisme et une transformation extrêmement rapide de la silhouette. Bien évidemment, un tel bouleversement alimentaire n'est pas sans conséquence sur le corps. Un suivi médical rigoureux doit donc accompagner cette métamorphose, notamment dans les premiers mois qui suivent l'intervention. D'autres spécialités médicales et paramédicales servent aussi à accompagner le patient sur le plan psychologique et diététique. Il est recommandé de se faire suivre par un nutritionniste pour adopter de bonnes habitudes alimentaires. Le psychologue, quant à lui, aide à appréhender le regard des autres et à ne pas succomber à la tentation de la nourriture en cas de faiblesse émotionnelle. Il est une oreille attentive qui fait preuve d'empathie et qui évite tout discours moralisateur à l'égard du patient. Les kinésithérapeutes, quant à eux, surveillent les articulations des patients suite à la reprise de leur activité physique. Il propose différentes activités à l'ancien obèse pour permettre à son corps de se remettre en route progressivement.

Pour traiter l'obésité, un accompagnement global s'impose, à la fois avant l'opération mais aussi après la chirurgie. Les échanges avec d'anciens patients opérés peuvent aussi s'avérer très bénéfiques.

Quelles préconisations nutritionnelles ?

Le traitement nutritionnel du patient commence avant la chirurgie. Il est recommandé de consulter une nutritionniste au moins une fois avant l'opération, pour mettre en place de nouvelles habitudes alimentaires, ce qui facilite la réussite du traitement. Ensuite, plusieurs étapes nutritionnelles se succèdent.

Dans un premier temps, le mois suivant la chirurgie, le patient adopte un régime postopératoire. Il ne peut manger aucun aliment solide. Il lui est recommandé de bien s'hydrater et d'intégrer petit à petit des ingrédients de plus en plus épais.

L'alimentation solide revient petit à petit, à compter du 30e jour. De manière générale, il est recommandé de manger trois petits repas par jour, en mettant l'accent sur les sources de protéines, tout en s'accordant quelques collations si nécessaire. Les patients opérés doivent manger lentement et mastiquer davantage leurs aliments que les individus non opérés. Il est également recommandé de ne pas boire en mangeant, pour conserver suffisamment d'espace dans l'estomac pour les aliments. Les boissons peuvent être ingérées 30 minutes avant et 60 minutes après les repas. De même, le patient doit cesser de manger dès qu'il ressent un sentiment de satiété, une réelle nouveauté à laquelle il doit s'habituer. Cela lui permet de ne pas étirer de nouveau son « petit » estomac, et d'éviter les vomissements.

Dans tous les cas, un suivi médical s'impose, pour accompagner les patientes face à tous ces changements diététiques. Il est capital que l'ancien obèse apprenne à se nourrir différemment, en quantité moindre, mais sans favoriser la dénutrition ou les carences. Des bilans nutritionnels et vitaminiques réguliers doivent donc être effectués.

Les effets bénéfiques de l'activité physique

Si le changement nutritionnel est très important pour la perte de poids, l'activité physique l’est au moins tout autant. Le patient opéré doit d'abord reprendre le sport progressivement, en se contentant d'activités douces, et non traumatisantes pour les articulations. La marche est un très bon exercice. Lorsque le patient se sent prêt, il peut augmenter progressivement le rythme, ce qui lui permet de brûler les calories consommées, et ainsi d’accélérer la perte de poids, tout en conservant une bonne masse musculaire.

Parce que le manque de temps favorise souvent la sédentarité, il est important que le patient intègre des activités physiques dans son quotidien. Comment faire ? Limiter les déplacements en voiture et favoriser les transports en commun. Oublier l'ascenseur et prendre les escaliers !

Dans la reprise de l'activité physique, le kinésithérapeute est un partenaire précieux. Il surveille l'évolution musculaire et articulaire de l’ancien obèse, tout en donnant des conseils avisés pour remettre son corps à l'effort.

Seule une parfaite coordination nutritionnelle, physique et psychologique permet de mener à bien un traitement de l'obésité.